J’écris cette newsletter en marchant. Avec mon dictaphone. On me demande souvent comment se passe la marche dans le désert et j’ai du mal à répondre. Aucun matin ne se ressemble. Le désert est multiple.
En réalité, on fait rarement attention aux différentes textures sur lesquelles nos pieds se posent.
En ville, on peut marcher sur un trottoir, sur des graviers, dans de l’herbe ou sur des pavés.
Dans le désert,c’est un peu pareil. Il y a des endroits plutôt durs où le sable est compact, d’autres où le sable est mou et tellement fin qu’il s’infiltre dans nos chaussures.
Au quotidien, on utilise la marche pour aller chercher le pain, atteindre la station de métro, promener son chien, faire une petite course. Mais on marche rarement pour marcher. Simplement marcher.
Il y a 11 ans, j’ai fait le choix de proposer un circuit itinérant dans le désert.
Bouger chaque jour, cheminer sans distraction, découvrir un nouveau paysage, installer un nouveau campement. Expérimenter le nouveau, tout en gardant une routine. Retrouver une écoute de soi.
Écouter ses ressentis quand le vent souffle au petit matin puis quand la chaleur augmente au fur et à mesure de la matinée.
Écouter sa soif, son envie de chanter, son envie d’échanger avec quelqu’un d’autre ou au contraire son envie de silence.
Écouter son rythme de marche.
Dans le désert, rien ne presse et ce n’est pourtant pas évident de retrouver un rythme naturel. Tu vas te comparer “tiens, tout le groupe est devant moi, faut que j’accélère”. Et parfois, tu oublies d’écouter tes besoins, ton envie de pause ou, plus prosaïquement, ton envie de faire pipi.
La marche est unespace d’introspection en mouvement. C’est comme si nos pensées bougeaient avec nos pieds.
Marcher est l’occasion de prendre du temps pour moi, de réfléchir aussi.
Avant de couper mon dictaphone, je voulais te demander, c’est quand la dernière fois que tu as marché juste pour prendre du temps pour toi ? Raconte-moice que la marche t’apporte.
Mes prochains voyages dans le désert se préparent.
Ne manque pas le prochain départ.
Fanny, sophrologue voyageuse
Ma lecture du moment
La chaise tue
d’Alexandre Dana et Victor Fersing
Le constat fait mal : les Français restent assis 7h24 par jour.
J’ai trouvé cette analyse sur la sédentarité et ses effets sur notre santé très instructive.Se lever toutes les heures de sa chaiseest plus bénéfique qu’une heure de sport. Bouger a même un impact réel sur notre créativité.
La marche, c’est aussi une façon deralentirdans un monde où tout va vite. Une façon simple d’agir sur la crise écologique qui s’accélère.